24.10.2011
The artist...
Impossible de décrier Dujardin, il est vraiment très bon... et le Georges Valentin qu'il incarne est un mélange de Rudolph Valentino, grand acteur du muet qui a fini sa carrière en 1927, surnommé, the great lover!, de Douglas Fairbanks un autre grand du muet, moustachu célèbre pour ses films de cape et d'épée, d'un Gene Kelly dont il a le large sourire, la coiffure, le coup de claquettes (en plus modeste bien-sûr) et même un peu la forme de visage... On aurait pu aussi récompenser sa partenaire, Bérénice Béjo parce qu'elle est aussi douée que lui et elle rappelle si bien Mary Pickford, la coqueluche de l'Amérique...C'est le couple qui tient le film comme au temps de cette dernière et de Douglas Fairbanks!
Le film lui-même... on peut saluer la mise en abyme, le film qui parle du film, le cinéma qui fait son cinéma (parce que c'est un show) sur le cinéma... On a les souvenirs qu'il faut pour se remémorer les standards du muet et les films hoolywoodiens des années 20-30... Ariane Mouchkine récemment faisait de même sur scène. On peut aussi saluer toutes les images parlantes du film, ce chien à qui il ne manque que la parole (pourquoi est-ce dit!!!??? N'avions-nous pas compris???!!!), ce Georges Valentin qui devient muet de ne pas parler et dont manifestement on ne parlera plus, cette Petty Miller, qui elle, sait parler pour se faire entendre et qui sait aussi faire parler son coeur. Dans un monde de communication permanente, où la culture passe par la parlotte, tout le temps, partout, où tout le monde est branché sur écouteurs, musiques et voix, on peut saluer le metteur en scène qui nous fait du cinéma sans parole, et une romance sans parole, aussi platonique et romantique que la musique du même nom de Mendlesohn. Apparemment, le silence est bien d'or puisqu'il attire les meilleures récompenses.
Néanmoins, c'est un peu trop simplement vintage à mon goût et l'originalité qui consiste à avoir repris et copié ce qui existait avant, même bien fait, reste pour moi peu originale; c'est comme d'écrire un roman à la Proust aujourd'hui, alors qu'on aime les phrases courtes qui font mouche et que les média ne s'emploient qu'à faire entendre des insolents, rapides en mots qui tuent et en phrase-flèches... Dirait-on que c'est un bon livre? Filmer à la manière de... bon, bon, c'est de l'audace ça? Pour moi, c'est un peu comme faire ses gammes, j'attends ensuite l'oeuvre authentique. C'est bien de reconnaître les artifices d'autrefois, c'est amusant de retrouver les vieux traitements, les vieilles références comme The Mark of Zorro, ce film américain des années 20, repris dans The Artist, car la mise en abyme est triple. Dujardin imite très bien le Zorro de l'affiche de l'époque... c'est vrai... mais bon... quoi, après? ça suffit? Voilà ce qui me gêne, c'est un film de performance, du coup avec ses longueurs... C'est sympathique certes, mais est-ce que ça vaut toute cette pub et cette diffusion extra-large?
Bien honnêtement, à quoi sert la performance, que je reconnais bien entendu, si c'est pour dire ce qui a déjà été dit?
19:42 Écrit par Lettr-A dans actu, berenice bejo, canard enchaîné, cinéma, comédies, critique cinéma, dujardin, DVD, facebook, Film, histoire d'amour, humour, palmares, Palme d'Or, sortie ciné, the artist, vacances, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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19.10.2011
The Skylab, petit ovni de l'espace ciné sur planète terre
J'ai reconnu le papier peint de la maison dans laquelle j'ai grandi, les vêtements et coupes de cheveux de mes frères et soeurs plus âgés, leurs lunettes à monture incroyable, le parasol du jardin similaire à celui de mes parents, les maillots du père et du frère à la plage, les même délires sur les naturistes car j'ai vécu 18 ans en Bretagne et au bord de la mer, les mêmes averses après soleil et soleil après averse, mais ce n'est pas pour ça que j'ai aimé ce film car je ne crois pas être une nostalgique. J'ai reconnu la vitalité, la fraîcheur, le bordel bordé, le style woody allen en drôle (parce que ça fait longtemps de Woody Allen ne me fait plus rire) de la réalisatrice et actrice du si joli 2 days in Paris. Parce qu'elle en a du talent, de l'humour et surtout elle aime terriblement ses acteurs, les gens, les saveurs, les rigolards, les festifs et les festins, les blagues en dessous de la ceinture et l'humour raffiné, les beaux et les moches, les grands et les petits, les intelligents et les cons! C'est un film qui parle de soleil, de rires et de vacances, ce qui est vraiment très bien avant celles de la Toussaint... qu'il fait bon se réfugier au cinéma pour se marrer, retrouver la famille du film comme on retrouverait des copains... et Les petits mouchoirs à côté, c'est compassé, rigide, ça manque de style et de légèreté... C'est un film irrésistible, avec des personnages irrésistibles et de jeunes comédiens bluffants! En arrière fond, ça parle de guerre, de blessures, d'Histoire mais jamais pour nous faire la leçon. Je vais peut-être paraître misandre, mais ça se voit que c'est un film fait par une femme: c'est volontairement simple, sans prétention scénaristique ou filmique et cette simplicité fait de ce film intelligent et sensible un vrai bonheur.
12:01 Écrit par Lettr-A dans cinéma, comédies, enfant, feminisme, filiation, Film, humour, journée de la femme, Livre, Loisirs, parentalité, parenté, sorite cinéma, sortie ciné, vacances, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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18.10.2011
A quelle actu. se vouer?
Martine était un peu trop austère mais que connaît Hollande de la politique nationale et internationale? Dans quelle cour a-t-il déjà joué pour avoir gagné sa crédibilité? La campagne 2012 n'a pas démarré qu'elle me lasse déjà... je sais qu'encore une fois je ne vais pas m'enthousiasmer! Pendant que les Primaires faisaient la une, une info est passée à l'as et pas la moindre: DSK a été reconnu agresseur sexuel en France! J'espère qu'il va moins ramener son sourire d'innocent aux mains pleines partout dans la presse... Il a encore une fois de la chance, ici, il y a prescription car ça date de 2003... je dis encore une fois car s'il est assez malade pour agresser une femme ici, il a aussi pu le faire là-bas... eh! quoi? j'applique la logique imputée à Nafissatou Diallo: si elle a menti une fois, c'est qu'elle a aussi pu mentir dans cette affaire...La cerise sur la gâteau politique, ce fut le discours de Fillon qui pense à Paris comme nouveau "défi"... qu'il y pense mais faut pas rêver non plus!
Bon, alors, en ce jour de pluie, que peut-on un peu trouver d'ensoleillant dans la politique de notre pays? Carla Bruni qui fait la une de Paris Match? Oh quelle merveille! Non, je blague... Côté politique, y a pas à dire c'est déprimant...bon bon, ce qui me fait plaisir? Ah! Les prix Nobel, oui oui ça me fait plaisir... ces cerveaux qui cherchent, parfois trouvent en physique, chimie, médecine, ceux qui écrivent longtemps et bien, avec tenacité et talent... ceux qui s'opposent, qui luttent pour la paix... ça, c'est réjouissant! Et si ce n'était pas important, le moustachu nazi n'en aurait pas censuré trois je crois en son temps... JP Sartre n'aurait pas non plus eu le snobisme d'en refuser un... Et Pierre et Marie Curie n'auraient pas été autant célébrés à juste titre! Quoi d'autres? Ah! oui... nous célébrons aussi les 30 ans de l'abolition de la peine de mort! Ca c'est une belle actu et Badinter est encorez vivant pour enflammer un plateau de télé comme il a enflammé l'assemblée nationale! De réécouter le discours de 81, j'en ai eu des frissons partout! Quand je vois Badinter d'un côté et Chirac de l'autre, à âge égal en gros, je vois la vertu d'un côté et l'escroquerie de l'autre, l'intelligence d'un côté et le gâtisme de l'autre...
Quoi d'autres de vitalisant à l'entrée de l'automne? Ah oui... tandis que les politiciens font les guignols de gauche ou de droite, moi je vais au cinéma parce que je sais que je vais passer un bon moment avec The Artist et un moment sensible et intelligent avec Polisse...
Allez, heureusement, que nous avons des chercheurs, des penseurs, des abolitionnistes st des artistes dans ce pays! On peut leur confier les clefs de la cité!
16:04 Écrit par Lettr-A dans 10 mai, 30 ans, actu, art, Blog, canard enchaîné, cinéma, communication politique, DSK, Election, fillon, Gauche, histoire de moeurs, humour, polémique, politique, Présidentielles, socialiste, voeux, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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10.10.2011
Martine vers l'Elysée?
Nous avions martine à la plage, martine en meeting, martine à la télé, maintenant on va voir si les éditions aubry nous réserve un dernier opus... Je l'ai trouvée habile martine quand elle a utilisé le futur en affirmant "je battrai" Sarko... Parce que tout d'un coup ça paraît sûr et réalisable alors que je n'aurai pas auparavant parié sur sa personne, certes persévarante, mais si peu charismatique. Je l'ai trouvée habile aussi de ramener à elle ceux qui aiment bien et soutiennent Arnaud (dont je suis mais sur la démondialisation faut pas non plus déconner et raconter ce qui ne peut advenir au futur!). Il lui faudrait quand même se vendre un peu plus car à se vouloir si sobre, si peu maquillée, si angela... elle se jospinise (lui non plus n'était pas très vendeur) et on a vu ce que ça a donné. Alors, peut-être que François en fait un peu trop à la Sarko... mais il a aussi compris qu'il devait séduire. Le problème de martine c'est qu'elle tend à nous suggérer qu'on ne peut séduire et être hpnnête en même temps mais ça fait franchement puritain! Bon, pour le reste, c'est vrai qu'elle connaît la chanson politique depuis longtemps et de l'intérieur. En tous cas, je remercie les primaires parce que ça nous a évité que l'info dévie sur l'enfant sarko dont franchement tout le monde se fout sauf les parents! Parce que quand l'info nationale est pauvre, elle fait de l'info avec rien... au moins pour l'instant ça bouge et ça fait du bien!
11:55 Écrit par Lettr-A dans communication politique, Election, facebook, feminisme, gouvernement, mittérand, polémique, politique, Présidentielles, Sarkozy, socialiste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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28.09.2011
L'apollonide, un film puissant.
On entre dans ce film par la porte de la maison close, par la porte d'une réalité passée, on entre à l'intérieur comme les clients du XIXème, ce qui déjà dérange, ce qui nous met aussi en position de voyeurs et nous interroge déjà sur notre regard, sur le regard qu'on pose sur ces femmes, sur le jugement qu'on pose sur ces hommes, sur cette société et sur la nôtre. On entre dans une prison roccoco où la sexualité pudibonde de l'époque peut s'exprimer là où elle fut jugée en ce temps perverse: aussi comprend-on que ces femmes se rincent la bouche après des fellations, aussi voit-on des sodomies. On eût pu se réjouir qu'il existât quand même des lieux où la liberté sexuelle pût s'exprimer... hélas, c'est impossible, car la liberté de ces hommes riches, ceux qui peuvent se payer le sexe de femmes d'intérieur flambe en brûlant celle de prostituées continuellement endettées, pauvres et asservies. On ne peut qu'être écoeuré de tant d'exploitations, de femmes qui se proposent à peine sorties de l'enfance, de femmes massacrées sans que la justice, celle des hommes, ne fasse rien, de femmes pantin, de femmes poupées, de femmes cassées, opiacées, syphilisées, rejetées. Des femmes aux corps morts quand c'est le temps du sexe forcé. Aux regards qui partent ailleurs. Le sujet est grave d'autant plus que la fin nous en rappelle sa contemporanéité et que nous quittons la maison pour les boulevards du sexe d'aujourd'hui... alors, si certains se mettent en position de voyeurs en choisissant ce film, s'ils croient par le titre que cela va être émoustillant de voir des femmes à moitié nues et des scènes de cul, ils sont aussi piteux que ceux qui prennent la liberté des buste sans corset pour argent comptant. C'est peut-être pour cela que les critiques parlent beaucoup d'esthétique et de beauté baudelairienne car le film nous invite à nous situer et ce, sans moraliser. Nous sommes spectateurs, comme les clients avant de coucher, puis voyeurs, comme la maquerelle qui contrôle... Certes, ce film est beau mais sa beauté n'est là que pour renforcer la violence, et non pour la sublimer poétiquement comme le ferait Baudelaire; le taffetas et le champagne des soirées soulignent par contraste l'horreur de la réalité. Plus l'image rappelle la peinture et l'art, plus ce monde donne l'illusion d'être beau policé et raffiné, plus la vérité de ce qui se passe éclate de toute sa brutalité, voire de sa barbarie. Et le paradoxe visuel est saisissant, présent, prégnant tout le long. Ainsi, oui, vous verrez, l'homme qui rit de Victor Hugo devenu femme mutilée, vous verrez une prostituée ressembler aux femmes des tableaux de Klimt, vous verrez une autre blonde et ronde tout droit sorti des baigneuses de Renoir, vous reconnaîtrez dans le client artiste fasciné par l'intérieur des sexes de femmes le Courbet de à l'origine du monde, vous serez saisi par l'orientalisme ambiant, par la scène impressionniste, par la décadence érotique d'une littérature fin de siècle, vous aurez l'oeil et tout vous parlera en apparence du XIXème siècle et de son fourmillement artistique quand l'inspiration ne devient pas antique, mythique à la Cocteau, avec une femme qui pleure du sperme, qui verse son sang de vestale, et le nom même de la maison... close, bien close, qui, bien ironiquement, rappelle la lumière d'Apollon. Mais toute cette beauté, tout cet esthétique, n'est que de l'apparât, de l'apparence, car la réalité est cruelle et l'être souffre. Les femmes ne peuvent être gaies qu'entre elles, quelle tristesse! Elles ne peuvent être tendres qu'entre elles! Leur salut ne peut venir que de ceux qui les exploitent, si, par bonheur, ils leur offrent une éméraude, signe qu'ils rachètent leurs dettes. Quel monde scindé et triste que celui de la maison close, très éloigné de tout cliché glamour si tant est que quelqu'un serait tenté de l'imaginer. Ces filles sont graves et légères, vivantes, en chair, joueuses, solidaires dans le rire et les larmes, et les actrices à ce titre sont fabuleuses! Ces filles sont elles-même avant la comédie macabre du soir, avant la parade en costume et tout ce qui suit, avant le théâtre du malheur, car malheur à celle qui confond le jour et la nuit en tombant amoureuse, malheur à celle qui espère sortir de la nuit et se fait sacrifier, malheur à celle que la maladie empêche d'accéder au jour naissant, il y a la femme qu'on épouse et la putain.
22:54 Écrit par Lettr-A dans 8 mars, amour, cinéma, condition de la femme, critique cinéma, facebook, feminisme, histoire d'amour, histoire de moeurs, journée de la femme, L'apollonide, littérature, Livre, Loisirs, sexe, sexisme, sortie ciné, Voyage, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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